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Cheveux en bataille

2015

Mode

2avis

De bananes gominées en crinières hérissées, la chevelure permet d'afficher ses idées ou sa révolte. Récit décoiffant de plus d'un demi-siècle d'audaces capillaires.

En pétard ou rasé, le cheveu permet d'affirmer son identité, voire de se rebeller contre l'ordre établi. Dès les années 1950, les rockers donnent le ton avec leurs bananes gominées, qui, combinées à une dégaine prolo, défrisent une Amérique popote et matérialiste. Dans les sixties, place aux cheveux longs des hippies et aux fiers afros de la communauté noire. Cette fois, il s'agit de s'affranchir de diktats racistes et de clamer une envie de liberté et de paix en pleine guerre du Viêtnam. Puis punks, mods, skins et rastas s'en donnent à cœur joie, à coup de dreadlocks, d'iroquoises ou de tondeuses. Une provocation capillaire tous azimuts qui préfigure le grand mixage des coiffures d'aujourd'hui : banane XXL et crêtes peroxydées se diffusent d'un bout à l'autre du monde et s'arborent sans revendications particulières. Mais le cheveu peut retrouver sa subversion en dehors des pays occidentaux ou à travers des mouvements récents comme l'afropunk.

Défendre la mèche
Démêlant plus d'un demi-siècle de tignasses rebelles, ce documentaire à la fois éclairant et ludique fait intervenir des témoins des mouvements culturels qui ont ébouriffé le XXe siècle et ceux qui ont fait le choix, pas toujours confortable, d'arborer une coupe hors norme. Il hante aussi les salons des coiffeurs branchés lors des séquences savoureuses, notamment lorsque Baba Cool, prisé des rappeurs pour ses éblouissants dessins à la tondeuse, parade entouré de sa "sécurité", dans le temple parisien de la coiffure afro, la rue du Château d'eau. Quant au très classe Smutty Smith, par ailleurs contrebassiste rockabilly, il livre des astuces pour obtenir une pompadour (coupe structurée des Teddy Boys) impeccable.

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