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Les bruits de Recife

2012

Contemporain

Brésil

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Récompenses:

Meilleurs film et scénario, Rio de Janeiro 2012 - Meilleurs film et scénario, Lima 2013 - Meilleur scénario, Grand prix du cinéma brésilien 2014

La chronique stylisée d’une rue bourgeoise de Recife rongée par le fantasme de l’insécurité.

C’est un quartier résidentiel de Recife en bordure d’océan, où l’ennui suinte dans la lumière aveuglante du soleil. Dominée par Francisco, patriarche charismatique et propriétaire terrien, la petite et prospère communauté qui y vit et en sort peu tremble d’une paranoïa sécuritaire derrière ses barreaux, même si les seuls vols d’autoradios commis le sont par le rejeton d’une des bonnes familles locales. Entre frustrations d’une jeune mère obsédée par les aboiements du chien des voisins, rapports ambivalents avec les domestiques, condamnation sans appel du vieux concierge alcoolique et idylle fragile d’un jeune et tendre agent immobilier, la tension sourd, invisible. Une société de gardiennage propose alors ses services, aussitôt acceptés, pour surveiller la rue.

 

Asphyxie
Magistralement introduit par les images d’archives en noir et blanc d’une plantation coloniale, ce premier film du réalisateur brésilien Kleber Mendonça Filho décline en trois parties – "Chiens de garde", "Gardiens de nuit" et "Gardes du corps" – une chronique chorale de la bourgeoisie de Recife, asphyxiée par l’angoisse d’un danger fantasmé. Dans une autarcie seulement traversée par le va-et-vient des employés, les rares visiteurs et les ballons égarés des enfants, les habitants sont comme retranchés de la vie, terra incognita – observée de leurs fenêtres et terrasses – où ils peinent à s’aventurer. Avec une remarquable maîtrise, le cinéaste tisse une fine toile narrative qui enserre subtilement ce territoire confiné empreint de bruits inquiets, désert de béton blanc où même l’amour peine à s’épanouir. Entre splendeur d’un passé trouble, incarné par la figure tutélaire de Francisco, et cahute dérisoire des vigiles recrutés pour protéger le quotidien aseptisé du quartier, s’esquisse le portrait d’une société pathétiquement sclérosée. Porté par de formidables acteurs, un bijou de style, que le chanteur Caetano Veloso a salué comme l’un des meilleurs films brésiliens jamais réalisés.

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