

Les amours d’Astrée et de Céladon
Metadata du programme
- Drame•
- Cinéma•
- France•
- 1h44•
- 2006•
- VF
Description du programme
Entre désir des corps et facéties du sort, un hymne vibrant de sensualité à l’amour et à la nature.
Au temps des druides tout-puissants, Astrée et le berger Céladon se vouent un amour total mais clandestin, un ancien litige entre leurs familles les privant de le vivre au grand jour. Pour mieux brouiller les pistes de son cœur auprès de ses parents, Céladon feint une idylle avec une autre jeune fille lors d’un bal champêtre. Astrée le surprend. Dévorée par le poison de la jalousie, la belle interdit alors au jeune homme de paraître devant elle. En proie au désespoir, le berger se jette dans les flots d’une rivière. Astrée, le croyant mort, se consume alors de remords, tandis que l’éphèbe, lui, a été recueilli avec ravissement par des nymphes dans la forêt.
Sentier lumineux
En adaptant "L’Astrée", roman pastoral fleuve du XVIIe siècle – quelque 5 399 pages ! – d’Honoré d’Urfé, Éric Rohmer met en scène la confusion des sentiments dans une nature resplendissante, bruissant de sensualité. Laquelle, sous les branches caressantes des arbres, semble accueillir avec une bienveillance amusée et vaguement lasse les passions et les aveuglements chagrins de jeunes protagonistes aussi absolus qu’inexpérimentés – "Beaucoup de bruit pour rien"... Entre marché de dupes et songe d’un jour d’été, cœurs et corps, derrière le masque de la douleur, valsent avec légèreté dans la douceur de clairières enchantées. Situé dans une époque gauloise très stylisée que seuls traduisent les costumes et la présence de druides, le récit, au travers de longs plans séquences, emprunte sans jamais se hâter un sentier poétique sinueux, truffé de considérations philosophiques, vers la paix et l’amour retrouvés. Par l’éternel jeune homme Rohmer, un film plein de grâce sur les errements du désir.