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Capitaine Conan

1996

Cinéma

France

9avis

Récompenses:

César 1997 - César du Meilleur réalisateur (Bertrand Tavernier) et César du Meilleur acteur (Philippe Torreton)

Les grandeurs et bassesses de la guerre de 1914, sous le feu du regard de Tavernier, avec Torreton dans l'un de ses meilleurs rôles.

10 septembre 1918, à la frontière bulgare. Sur le front des Balkans, le lieutenant Norbert sympathise avec le lieutenant Conan, à la tête d'un détachement d'hommes. Leur mission : surprendre et tuer l'ennemi, souvent au corps-à-corps et à l'arme blanche. Rusé, fort en gueule et vif comme la dynamite, Conan se joue des règlements militaires, qu'il juge absurdes. Il est aussi sanguin que Norbert est posé et indulgent. Un jour, vient l'armistice. Coincés à Bucarest et rendus à un semblant de vie civile, ses hommes se conduisent comme des brutes, et l'armée, avide "d'exemples", ne ferme plus les yeux…

 

"C'est nous qui l'avons gagnée cette putain de guerre", déclare Conan, dans le film. "Les autres l'ont faite." S'emparant d'un chapitre méconnu de la guerre de 1914, racontée dans le roman de Roger Vercel, prix Goncourt en 1934, Bertrand Tavernier prend la Grande Guerre à la hussarde pour mieux lui redonner vie. Il s'intéresse à des parias, les nettoyeurs de tranchées, raconte l'histoire par sa fin et se poste à un front oriental où la démobilisation semble ne jamais devoir arriver. Le film pointe d'ailleurs l'incompétence du haut commandement, et son intransigeance face à des hommes dont la guerre a révélé la couardise ou la bestialité, tout en laissant à chaque personnage le loisir de défendre sa partition. Saisissantes, les scènes de guerre sont filmées en plan séquence, la caméra collant aux basques des soldats.

 

Plus de vingt ans après sa sortie, le film frappe par son mélange de bon sens terre à terre et de théâtralité – les dialogues sont très écrits. Les décors des scènes de guerre, escarpés et grandioses, évoquent ceux d'un western. Jusqu'aux intonations et accents, le film aborde chaque personnage dans sa dimension sociale, une approche chère à Tavernier. Mais la veine romanesque du cinéaste n'est pas en reste et s'exprime, notamment, à travers son héros, Conan, petit mercier breton que la guerre fait stratège et meneur d'hommes, l'une des plus belles prestations de Torreton. Il est entouré d'une escouade d'excellents seconds rôles (Claude Rich, Bernard Le Coq, Samuel Le Bihan et bien d'autres).

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