

À la place du coeur
Metadata du programme
- Tout public•
- Drame•
- Cinéma•
- France•
- 1h48•
- 1998•
- VF
Description du programme
Clémentine et François, dits "Clim" et "Bébé", vivent aux Baumettes, un quartier populaire de Marseille. Ils se connaissent depuis la petite enfance. Il est noir, elle est blanche. Ils ont grandi ensemble puis ont appris à s'aimer. À 16 et 18 ans, les deux adolescents s'estiment assez vieux pour se marier et vivre leur amour au grand jour. C'est alors que Bébé est injustement accusé d'avoir violé une jeune femme et se retrouve en prison...
D'or et de poussière
Dès le premier plan, on est frappé par la luminosité du visage de Clim, sa fierté, la ténacité qu'on lui devine. Pas seulement parce qu'on est à Marseille, ville belle et dure, mais parce que l'adolescente irradie de jeunesse et de maturité. L'histoire de Clim, de sa famille, de son amour renvoie à d'autres histoires, plus collectives, politiques. Film d'espoir naïf, comme les contes pour enfants, mais aussi cruel, À la place du cœur n'est jamais amer et va au-delà du constat. Clim et son compagnon sont à l'affût d'eux-mêmes et du monde, à l'opposé du policier raciste qui envoie Bébé en prison et de sa mère adoptive, devenue bigote. Deux esprits qui ont pris la poussière. Robert Guédiguian parle d'altérité et de la folie du monde à laquelle nous confrontent les images d'un Sarajevo en ruines, traversé en voiture par la mère de Clim. Un an après Marius et Jeannette, le cinéaste substitue magnifiquement le courage à l'abattement, le questionnement aux certitudes faciles, dans cette adaptation librement inspirée du roman Si Beale Street pouvait parler de James Baldwin.