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La Peur

2015

Cinéma

France

0avis

Récompenses:

Prix Jean Vigo 2015

En 1914, avec son ami Bertrand et le fragile Théophile, Gabriel part gaillardement au front.

C'est sûr, la guerre sera vite finie. Ils en sont persuadés. Le jeune homme découvre vite l'horreur du conflit et des tranchées. La peur au ventre, il tente de survivre comme il peut, garder un peu d'humanité. Cela passe par les lettres qu'il envoie à sa compagne Marguerite. Il lui raconte son enfer, les personnages hauts en couleur qu'il a croisés. Comme Nègre, un rebelle à l'autorité rencontré à l'hôpital. Envoyé à nouveau en première ligne, Gabriel le retrouve en train de faire du marché noir. Et à nouveau il essaie de sauver sa peau et ne pas sombrer dans la folie.

Guerre
L'enfer. Pas de mot plus approprié sans doute pour définir la guerre des tranchées de 14-18. Il n'y a peut-être que les fous, les peintres et les poètes pour en saisir le fond obscur. Damien Odoul en est un : outre ses films (Le Souffle, En attendant le déluge), il a publié plusieurs recueils de poésie. La Peur est une suite de tableaux, violents, inspirés. Qui ­disent l'angoisse, l'atrocité, mais aussi le grotesque, de manière organique, viscérale : on voit des animaux éventrés, des corps déchiquetés, des visions d'apocalypse. Librement inspiré du récit de Gabriel Chevallier, le film suit en particulier un jeune conscrit, Gabriel, qui part, la fleur au fusil... La boucherie le transforme vite en fantôme. En survivant hagard. Il subit les événements, en se raccrochant à quelques compagnons d'infortune, notamment un anar bateleur (étonnant Pierre Martial Gaillard). Ou alpagué par des « monstres », comme ce Ferdinand, soûlard illuminé qui semble échappé d'un roman de Céline... Certes, faute d'un véritable ­matériau narratif, le film s'enlise et se répète. N'empêche : des images, des « gueules » (le cinéaste n'a fait appel qu'à des acteurs jamais vus), des délires resteront.
Comme après un électrochoc. — Jacques Morice

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