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L'enfer de Henri-Georges Clouzot

2009

Cinéma

France

0avis

Récompenses:

César 2010 - César du Meilleur documentaire

Une passionnante plongée au cœur de "L’enfer" de Clouzot, film de légende inachevé auquel son auteur, perfectionniste jusqu’au délire, a failli succomber.

C’est l’histoire d’une œuvre inachevée qui ambitionnait de révolutionner le cinéma. En 1964, Henri-Georges Clouzot, cinéaste consacré, entreprend, sur un motif assez simple – la jalousie jusqu’à la folie de Marcel (Serge Reggiani) à l’égard de son épouse Odette (Romy Schneider) –, le tournage dantesque d’un film au titre prémonitoire, "L’enfer". Le metteur en scène dispose de moyens quasi hollywoodiens, grâce au soutien de la Columbia. Il prévoit de filmer le quotidien du couple en noir et blanc et les délires de Marcel en couleurs. Mais bientôt, taraudé par le doute comme son héros par le démon du soupçon, il ne cesse de réécrire les séquences et expérimente compulsivement de nouvelles formes d’images, de son, d’effets et même de maquillage, sans jamais s’en satisfaire... Une quête éreintante qui vire au naufrage, entre le plateau de Boulogne et le lac du tournage dans le Cantal, lequel doit être incessamment vidé. Alors que s’accumule la pellicule, la tension monte au sein de l’équipe, entre les tergiversations du tyran insomniaque, l’épuisement du couple vedette et le découragement des assistants (dont Costa-Gavras) et des techniciens. Un jour de juillet, Reggiani déserte l’inéluctable désastre pour être hospitalisé, avant que Clouzot ne soit victime d’un infarctus...

Images hypnotiques
C’est à la faveur d’une panne d’ascenseur que Serge Bromberg, coincé avec Inès Clouzot, la veuve du cinéaste, convainc celle-ci de lui confier les 185 boîtes oubliées du film mythique – dont Chabrol reprendra le scénario trente ans plus tard pour son film éponyme avec Emmanuelle Béart et François Cluzet. Un savoureux préambule à la reconstitution du puzzle de cette création hors normes. Car les quinze heures de rushs exhumées révèlent une extraordinaire liberté visuelle, traduisant les fantasmes du héros en proie à la paranoïa. Au travers de son regard malade – et de celui, habité, du cinéaste démiurge –, Romy Schneider, elle, est filmée et érotisée comme jamais. Sur ces images hypnotiques s’inscrivent en écho des bribes de dialogues lues par Bérénice Bejo et Jacques Gamblin, alors que les rescapés de cette tragique odyssée éclairent "l’enfer" et le mystère Clouzot de l’intérieur.

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