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Dogville

2003

Thriller

Danemark

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Un mélodrame sombre de Lars von Trier, filmé comme une pièce de théâtre, avec Nicole Kidman.

Dans une bourgade américaine des Rocheuses, au bout d’une route qui ne mène nulle part, vit une poignée de petites gens. L’intellectuel de la communauté, Tom Edison, un jeune homme qui se rêve écrivain, convie les habitants à des conférences sur la morale. Une nuit, il entend des coups de feu dans la montagne, suivis par l’arrivée d’une belle jeune femme élégante, aux abois, poursuivie par des gangsters. Tom l’aide à se cacher dans la mine désaffectée. Le lendemain, il réunit les habitants de Dogville et leur demande de faire preuve d’humanité en protégeant la fugitive, Grace.
 

L’homme est un chien pour l’homme
L’homme est-il foncièrement bon ou foncièrement mauvais ? Cette question vieille comme le monde, Lars von Trier la pose à sa manière : brillante, machiavélique et pessimiste. Pour mettre en scène cette fable mélodramatique, découpée en un prologue et neuf chapitres, il a choisi un dispositif relevant du théâtre. Dogville est entièrement filmé dans un espace restreint, éclairé comme une scène, où sont posés quelques éléments de décor – ici des bouts de murs en bois, là des meubles, une camionnette bâchée –, le reste étant dessiné sur le sol à la craie blanche. La caméra vole, vire et virevolte, captant sur son passage le jeu intériorisé des acteurs, également proche du théâtre. Ces acteurs, au premier rang desquels Nicole Kidman, étonnante, incarnent des archétypes de l’Amérique d’avant 1945 : Dogville est le premier volet d’une trilogie américaine (inachevée) que Lars von Trier a intitulée “USA, Land of Opportunities”. Mais le propos est universel. La présence de Grace à Dogville va amener chacun à changer de visage, à se montrer d’abord sous son meilleur jour avant d’endosser les traits du bourreau. De protégée et amie, la jeune femme devient peu à peu souffre-douleur et esclave. Car l’homme, capable du meilleur, choisit généralement le pire. C’est du moins la conclusion de Lars von Trier, qui clôt son film par un magistral coup de théâtre, un triomphe du cynisme. Une démonstration éclatante et sombre.

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